La 70ᵉ session de la Commission baleinière internationale (CBI) à Hobart en Australie, s’est achevée après cinq jours de discussions intenses consacrées notamment à l’avenir de la conservation des baleines. Si le moratoire sur la chasse commerciale demeure en vigueur, la création du sanctuaire baleinier de l’Atlantique Sud n’a, une nouvelle fois, pas abouti. Adopté en 1982 et entré en vigueur en 1986, le moratoire international sur la chasse commerciale constitue l’un des principaux acquis de la conservation des baleines. À Hobart, des tentatives visant à remettre en cause ce dispositif n’ont pas permis d’en modifier le principe. Pour la conservation des populations de baleines et la protection des écosystèmes marins, le maintien de ce moratoire constitue donc un acquis important.
Autre enjeu majeur de cette session est la création d’un sanctuaire baleinier dans l’Atlantique Sud. Portée depuis plusieurs années par le Brésil, cette proposition vise à renforcer la protection des baleines dans cette région et à consolider la coopération internationale en faveur de leur conservation. Son adoption n’a toutefois pas pu aboutir lors de cette 70ᵉ session. Cet enjeu concerne directement les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Les baleines font partie d’écosystèmes marins dont dépendent de nombreuses communautés côtières de ces pays. Leur protection s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la santé des océans, la gestion durable des ressources marines et la résilience des territoires côtiers.
Une résolution importante sur les collisions entre navires et baleines a également été adoptée. Elle appelle à renforcer les mesures permettant de réduire ce risque, alors que les collisions constituent une menace croissante pour plusieurs populations de cétacés. D’autres enjeux de conservation ont été au cœur des discussions. Il s’agit notamment de la résolution consacrée aux prises accidentelles et au commerce de « fish maw » qui vise à renforcer l’attention de la CBI sur les interactions entre activités de pêche, commerce et conservation des petits cétacés. Un enjeu qui rejoint directement les préoccupations de la Coalition d’Afrique pour les Baleines, dont BEES ONG est membre et l’une des porte-voix.
Les échouages de cétacés ont également fait l’objet d’une résolution. Leur reconnaissance comme une priorité transversale ouvre la voie à davantage de coopération et au renforcement des capacités pour mieux prévenir, documenter et répondre à ces événements. Enfin, à l’occasion de la préparation de son 80ᵉ anniversaire, la CBI a adopté la Déclaration de Hobart, réaffirmant son rôle dans la conservation des baleines et dans le renforcement de la coopération internationale.
Pour BEES ONG, la protection des baleines et des écosystèmes marins passe par une mobilisation collective, une coopération renforcée entre les acteurs et une voix africaine davantage portée dans les instances internationales. La CBI 70 laisse ainsi un acquis à préserver et un objectif à poursuivre : maintenir le moratoire sur la chasse commerciale et continuer à œuvrer pour la création du sanctuaire baleinier de l’Atlantique Sud.

